Laurent, un drame du travail qui interroge la sécurité
Le 7 novembre 2018, Laurent, un jeune Bisontin de 22 ans, a perdu la vie dans un accident du travail. Alors que ce jour-là, il aidait un forain lors du démontage d’une grande roue à Magny-Saint-Médard, en Côte-d’Or, un choc violent, causé par une barre métallique d’1,2 tonne, lui a été fatal. Sa disparition met en lumière les graves manquements à la sécurité auxquels de nombreux travailleurs précaires restent exposés.
Un accident évitable
Son employeur, qui manipulait une grue pour déplacer les éléments du manège, guidait Laurent par la voix.En quelques secondes, la tragédie s’est produite. Malgré l’intervention rapide des secours, le jeune homme est décédé sur place. L’enquête a révélé plusieurs infractions aux règles de sécurité. Aucune vérification de la grue n’avait été faite, et Laurent ne portait ni casque, ni gants, ni chaussures de protection.
Des négligences graves dénoncées
L’inspection du travail a aussitôt été saisie. L’employeur n’avait pas déclaré Laurent, ni effectué la formation minimale requise. Il n’avait pas non plus rédigé le DUERP, document obligatoire pour évaluer les risques professionnels. Pour Maître Gilles Fouriscot, avocat de la famille, ces manquements traduisent un profond mépris des règles élémentaires de prudence. Effectivement, selon lui, un simple casque aurait pu éviter la mort.

Laurent, symbole d’un combat pour la sécurité au travail
Ainsi, cinq ans après le drame, le procès s’est tenu devant le tribunal correctionnel de Dijon. En effet, le parquet poursuivait le forain pour homicide involontaire et travail dissimulé. Et l’avocat de Laurent espérait susciter une prise de conscience :à savoir que la sécurité ne doit jamais être perçue comme une contrainte.
Chaque employeur a l’obligation légale et morale de protéger ses salariés.
Une défense qui appelle à la clémence
D’ailleurs, l’avocat de l’accusé reconnaît des défaillances mais plaide la bonne foi. Ainsi, il rappelle la petite taille de l’entreprise : un seul salarié, pas de service des ressources humaines.
De plus, son client reste « profondément marqué ». Il plaide une peine avec sursis et insiste sur la priorité donnée à l’indemnisation des proches.
Une mort de plus parmi les oubliées
La mère de Laurent, Françoise admet que rien ne l’aidera à retrouver son fils. Elle se souvient de la faible couverture médiatique de l’accident, à peine évoqué dans la presse locale.
Comme tant d’autres drames, les médias risquaient de reléguer celui de Laurent au rang de simple fait divers. Pourtant, chaque année, plusieurs centaines de travailleurs meurent sur leur lieu de travail.
Le combat continue pour la famille de Laurent
Pour conclure la boucle judiciaire, le 4 mai 2026, l’audience se tiendra, cette fois, devant le pôle social du Tribunal judiciaire pour demander la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur.

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