Alban : une vie brisée au travail, un combat pour la justice
À Dole, dans le Jura, vivait la famille d’Alban Millot. Il y avait grandi avec son frère Sacha et leur sœur Claire, avant de partir pour débuter une nouvelle vie. Passionné de sport, titulaire d’un BPJEPS, il partageait son temps entre son emploi dans l’installation de panneaux photovoltaïques, les parties de basket avec son frère et la vie qu’il construisait avec sa compagne, Mallaury, rencontrée huit ans plus tôt.
Depuis longtemps, la famille connaissait déjà les épreuves : en 2020, leur père Laurent avait subi une greffe de rein après des années de dialyse. Leur mère, Véronique, toujours présente pour ses proches, allait bientôt faire face à une épreuve inimaginable.
Le 10 mars 2021, Alban décède tragiquement à Lieuron, en Ille-et-Vilaine, le jour même de ses 25 ans. En travaillant sur un toit, il chute mortellement. Sur le chantier, aucun dispositif de sécurité n’était installé, aucun équipement de protection fourni.L’employeur d’Alban aurait dû éviter ce drame.
Un choc familial et une douleur sans fin
Ce jour-là, alors que ses parents se rendaient à Montpellier pour fêter son anniversaire, ils apprennent, bouleversés, qu’Alban est mort au travail. La suite est irréelle : reconnaître le corps, organiser la cérémonie, ramener l’urne à Dole. Le vide laissé par la disparition d’Alban est immense, mais la douleur se transforme peu à peu en détermination.

De la tragédie à l’engagement
Ainsi, refusant que la mort de leur fils soit réduite à un simple « accident », Laurent et Véronique rejoignent le Collectif familles stop à la mort au travail.
La condamnation pénale de l’employeur d’Alban
Parallèlement, leur combat a conduit à la condamnation pénale de l’employeur d’Alban, reconnu coupable d’homicide involontaire : 3 ans de prison, dont 2 avec sursis, et une interdiction d’exercer dans le domaine du photovoltaïque. Une décision marquante, bien que jamais à la hauteur de la perte vécue.
Pour qu’aucune autre famille ne vive cela
Chaque action du collectif porte donc la mémoire d’Alban et de tant d’autres jeunes morts sur leur lieu de travail. Ainsi, sa famille espère faire bouger les consciences, renforcer la prévention et rappeler qu’aucun emploi ne devrait coûter la vie.
En définitive, parce qu’au-delà des chiffres et des procès, il y a des vies, des visages, des rêves fauchés, des familles détruites. Alban, 25 ans, aimait lire, jouer au basket, rire avec les siens. Aujourd’hui, son histoire rappelle une vérité essentielle : travailler ne doit jamais devenir un danger mortel.

Laisser un commentaire